Voyage en Tilisie

Premières nouvelles de Tilisie !

Bonjour à toutes et à tous !!

Voilà 9 jours que je marche, du matin jusqu'au soir... EN TILISIE !!

J'ai certainement parcouru pas loin de 350 kilomètres depuis mon départ du lac de Nalh, dans des conditions assez éprouvantes : un sac lourd, même s'il s'allège de nourriture au fil des jours... Une absence totale de sentiers la première semaine... Une tempête jeudi soir... La solitude... Et la peur de mal gérer les vivres !

Heureusement, aux basses altitudes, les fruits sauvages sont abondants. Fraises des bois, framboises, merises et autres baies me sont réservées !! Je mange l'amande dans les noyaux des fruits. Tout ça, c'est riche, ça me permet de moins puiser dans les réserves... Et puis cascades et torrents sont sources de vie !!

D'autre part, le moral est plutôt bon. 

Mais tant que je n'aurai pas trouvé le premier village tilène, je ne serai pas tiré d'affaire. Je me donne encore deux jours avant de rebrousser chemin. Je ferai donc le point mardi soir : soit j'ai trouvé l'hospitalité, soit je rentre au monastère d'Akran pour refaire mes stocks !

Mais je suis plutôt confiant : j'ai rencontré cette vieille fermière hier après-midi ! MA PREMIERE RENCONTRE TILENE ! Elle a répondu à mes questions dans une langue incompréhensible. Mais je déduis du fait qu'elle était seule et sans équipement particulier, qu'elle habite non loin d'ici. Je remonte donc confiant le chemin sur lequel je l'ai croisée...

Je ne sais pas si je fais le bon choix ! On verra...

Voilà, vous savez pourquoi je vous ai laissé sans nouvelles depuis mon départ : je n'ai pas une minute à perdre pour trouver un village, ou un hameau... Pas eu trop le temps de dessiner donc !


A très bientôt !
Et vraiment merci, pour vos petits mots, ou vos commentaires... Inscrivez-vous à la newsletter pour vous tenir au courant, et pour tenter de gagner un dessin original ! Tirage au sort le 10 août...

Benoît


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Publié à 11:10, le 6/07/2008,
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A moi la Tilisie !

Il existe plusieurs monastères autour du lac de Nalh. Akran est le plus important, mais au total, 6 édifices ont été construits dans un rayon de 10 kilomètres autour du lac.


Evidemment, dans cet endroit reculé de la chaîne du Krâl, les moyens de communication sont rudimentaires, mais ils fonctionnent !! (du moins quand ils veulent bien avancer... )

Ici, le temps passe tranquillement. Les moines cultivent leur nourriture, font un peu d'élevage, et produisent même du vin, grâce à des vignes plantées au fond d'une vallée. Le reste du temps, ils entretiennent les monastères, et ils méditent ! Personne d'autre qu'eux n'a le droit d'habiter à proximité du lac, mais il passe ici, à longueur d'année, de très nombreux pélerins... C'est dans une des chambres réservées à ces pélerins que je suis hébergé pour ces quelques jours qui précèdent mon départ pour la Tilisie... Je me suis mis d'accord avec mes hôtes, il m'en coûtera 10.000 los.

Les moines n'ont pas l'air de s'ennuyer. Mais si jamais ça leur arrive, ils peuvent partir quand ils veulent. Il peuvent d'ailleur revenir vivre ici aussi souvent qu'ils le veulent !! Un monastère à la carte, c'est pas mal...

En ce qui me concerne, c'est décidé, je pars pour de bon vendredi... Je pense que dimanche ou lundi j'aurai passé la frontière !!

Je vous tiens au courant très vite,
Benoît


La route continue !


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Publié à 11:09, le 6/07/2008,
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Au centre du monde oulpach

Je suis désolé de ne pas pouvoir répondre à tous les commentaires ! J'aimerais, mais je n'ai vraiment pas le temps pour l'instant... Merci à toutes et à tous !

Comme promis, voici une petite description de l'endroit où je me trouve. D'abord un rapide croquis :
Le lac de Nalh est tout simplement le centre du monde pour les ouses (pour les oulpachs en général, l'ethnie majoritaire dans la région)... C'est ici que d'après
la légende de l'oiseau bleu, le bien et le mal se sont affrontés pour un ultime combat...

Fort heureusement, c'est le bien qui l'a emporté. Je ne suis d'ailleurs pas loin de penser que c'est pour ça que les ouses sont si stoïques et si paisibles ! Peut-être en sera-t-il de même en Tilisie ?

Le monastère d'Akran, où je suis hébergé pour quelques jours, est un lieu magique, au bord du lac. Les moines qui y vivent ne sont pas du tout assignés à résidence : ils peuvent voyager ou retourner dans leur famille quand bon leur semble. Seule obligation pour eux : faire en sorte qu'il y ait toujours au moins 489 moines dans l'édifice. Alors, ils se relaient (d'où l'étrange ballet, la procession continuelle entre ici et la ville de Kapok, au pied des montagnes)...

La fonction des moines ici, c'est de protéger les oiseaux. Plutôt une belle mission !! C'est à rapprocher de
la pêche aux oulchs, si strictement encadrée, sur la Lâv : même s'il s'agit de traditions et de coutumes religieuses, pour moi ce n'est pas un hasard, ça veut quand même bien dire que les ouses aiment plus ou moins la nature !

"Et le mal" me demanderez-vous ? Et bien, le mal, le malin... C'est le chat ! Ou plutôt la chatte, qui dans la mythologie oulpache a commis l'erreur de manger l'oiseau bleu ! Ordre est donc donné aux moines de chasser les chats qui auraient le malheur de s'aventurer par ici !! Mais je ne crois pas qu'ils en croisent souvent...

Benoît


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Publié à 10:30, le 23/06/2008,
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La fête du jour... la nuit !

Moi, je vais m'en vouloir longtemps je pense, d'avoir un peu trop traîné au col d'Orkor. C'était beau, et je m'en suis mis plein les mirettes, mais à trop faire la limace, je suis arrivé bien plus tard que prévu au monastère du lac de Nalh (Akran Ilôkh, en ouse... ilôkh, c'est le monastère, et akran : le lac, je crois...) !!


En fait j'ai mal calculé le temps qu'il me fallait pour arriver dans la dernière portion. Du coup, la fête du jour, on me l'a racontée le lendemain. Et mes regrets sont encore plus vifs, vous l'imaginez ! Il y a ici, en permanence plus de 500 moines, et tous les 21 juin, pour la fête du jour, ils s'habillent de bleu (alors que bizarrement, le reste du temps, ils n'ont pas de tenue imposée)... Et ils tournent !
Ils tournent tous en silence, autour de leur immense monastère, perché dans les montagnes. Ca dure de 19h jusqu'à la nuit noire.

J'ai dû arriver vers 22 heures, et je peux vous dire que ça fait une drôle d'impression d'être accueilli au crépuscule par des fantômes muets et tout bleu ! Heureusement, il y avait là quelques pélerins ouses venus spécialement, ça faisait un contact un peu plus humain.

Juste avant de rentrer au monastère pour manger (on ne mange jamais dehors en Ousie, même quand il fait chaud comme en ce moment), les moines font une dernière procession. Et s'en suivent des agapes à chaque fois mémorables, paraît-il !! Mais c'est à huis clos...

Quant à l'endroit, je vous le décrirai un peu mieux demain. C'est plutôt joli !

Après ces 5 jours de marche finalement assez intenses, je vais me reposer un peu, et refaire mes réserves avant de passer pour de bon la frontière de Tilisie... Certainement mardi ou mercredi !

J'espère que de votre côté, vous avez passé une bonne fête de la musique !

A+,
Benoît

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Publié à 10:29, le 23/06/2008,
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Une marche paisible

Tout se passe bien, pour Rôk comme pour moi. Le temps est au beau fixe, la vallée de l'Ihrïk est magnifique, et ses habitants nous suivent prudemment du regard.

Cette vallée, d'origine glaciaire, est un bonheur pour les yeux. Le relief est assez escarpé, mais Rôk sait très bien par où passer pour rejoindre le col d'Orkor sans piolets !


Sentiment partagé : j'ai hâte bien sûr de voir enfin le monastère du lac de Nalh. Mais j'aime tellement ces moments, que j'aimerais que cette vallée n'en finisse jamais.


La route continue !

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Publié à 10:28, le 23/06/2008,
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La vallée de l'Ihrïk

J'ai trouvé un compagnon pour la remontée de la vallée de l'Ihrïk.
Rôk effectue en ce moment son
pélerinage dans les montagnes du Krâl, comme tous les ouses le font régulièrement. Il est originaire de la capitale, Pogar, et a tenu a venir seul dans cette vallée, pour se recueillir.  

Il n'est pas très causant, mais il m'a quand même expliqué qu'il ne faut surtout pas parler aux moines qui font la navette entre le lac de Nâlh et Kapok. Ca les empêcherait de s'adonner à la méditation. Or, c'est précisément quand ils marchent qu'ils méditent. Jamais au repos. Du coup, ils ne prient jamais au monastère, mais autour ! En marchant... Je suis curieux de voir ça ce week-end...

C'est pour ça qu'il vaut mieux ne pas les croiser en chemin, et qu'on prend donc un autre itinéraire (ça tombe bien il est plus court) entre Kapok et le monastère du lac de Nalh...

Je vais accompagner Rôk jusqu'au col d'Olkor, qu'on doit atteindre demain matin si tout va bien. Il rebroussera chemin à cet endroit là, et je prendrai au sud-est pour atteindre le lac de Nalh samedi au plus tard.

Je vous tiens au courant (et je vous dessine une carte) !

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La route continue !


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Publié à 10:27, le 23/06/2008,
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En route pour le lac du jour

Départ à 5 heures du matin, pour une marche de 4 ou 5 jours. Je prends vers l'est à la sortie de Kapok, puis je bifurque très vite au sud pour emprunter une vallée que je connais bien. Je vais remonter cette vallée pendant 2 jours, elle me mènera au col d'Orkor.

La grande difficulté sera de ne pas croiser les moines qui font continuellement le trajet lac de Nalh-Kapok. C'est tout simplement interdit ! Il faut donc que je prenne un autre chemin...

Evidemment, au départ, dans Kapok, c'est difficile de ne pas les croiser, les moines... Celui que j'ai vu ce matin, arrivant des montagnes, n'était pas très content !

Pas grave, il en faudrait plus
pour atteindre mon moral. ENFIN, JE PARS VERS LA TILISIE !!


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Publié à 10:26, le 23/06/2008,
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L'instant magique, juste avant

J'aime beaucoup les voyages... Et j'aime tout dans les voyages ! Les rencontres, les surprises, la fatigue, les bruits. J'aime beaucoup le déplacement en lui-même, en train, en bateau, en voiture, à pied, en avion, par n'importe quel moyen. J'aime revenir aussi. Rentrer chez moi, retrouver ma famille et mes amis...

Mais ce que je préfère, peut-être, c'est le moment juste avant le départ. Quand rien n'est fait, sauf dans la tête. Quand tout est prêt, et qu'il n'y a plus qu'à faire... Où va-t-on vraiment ? Que va-t-on trouver ? Il y a encore de la place pour les rêves à ce moment là, mais bientôt on saura pour de bon. On sentira les vraies odeurs, on verra les vraies couleurs. On comprendra.

Ce sera différent de tout ce qu'on a imaginé. Ce sera mieux.


Sur les conseils de François, je suis allé faire un tour dans le quartier de la Drêna hier soir. Il abrite un des plus importants marchés de la ville. Quelques fruits secs (qui sont les meilleurs amis du marcheur) viendront alourdir encore un peu plus mon sac.

J'ai aussi acheté une plume sacrée (qui vient sans doute de
l'oiseau bleu !) Le vendeur m'a dit qu'elle me porterai bonheur. Je ne sais pas si ça va marcher, mais qu'on me vende une plume au moment même où je me faisait du souci au sujet du poids de mon sac, j'ai trouvé ça marrant. Je l'ai achétée 3500 los.

Je pars demain. Arrivée au monastère du lac de Nahl vendredi ou samedi. Samedi : je célèbre la fête du Jour avec les moines.

Je n'aurai plus alors qu'a refaire mes réserves, et à partir pour de bon vers la Tilisie, sans doute dimanche ou lundi.


La route continue !


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Publié à 10:26, le 23/06/2008,
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Des fourmis dans les jambes

J'avoue que, comme Miss Trop dans son dernier commentaire, je suis tout à fait impatient de découvrir le monastère du lac de Nalh.
Du coup je suis retourné ce matin au monastère de Kapok. Il n'est pas très loin du centre ville, mais les odeurs d'encens, le silence, le recueillement qui y règnent me laissent imaginer l'ambiance qui habite le lieu, là haut, dans les montagnes.


En repartant, brutal retour à la réalité. J'ai traversé un quartier de Kapok que je ne connaissais pas encore. J'y ai croisé des enfants abandonnés, livrés à eux-même... Ils mendient pour survivre.

Dur !


La route continue !






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Publié à 10:25, le 23/06/2008,
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Changement de programme

Je pars mardi matin : gros coup de speed !!

J'avais prévu de quitter Kapok jeudi, le 19, mais si je veux être au
rendez-vous du solstice d'été au monastère du lac de Nalh, je dois partir plus tôt. Gopràl estime qu'il y a 5 jours de marche pour y arriver...


Du coup, il faut que je m'active, tout doit être prêt dans 48 heures !

Cela dit, le fait de pouvoir me servir du monastère du lac de Nalh comme base avancée, va me rendre les choses plus faciles. En effet, d'après la carte du moine rencontré cette semaine (et j'ai recoupé l'info avec Gopràl), l'endroit est situé juste avant le col d'Ilhout, qui marque à peu près la frontière tilène !

Donc, comme je pense avoir à peu près 20 jours d'autonomie, je disposerai de 8 ou 9 jours à partir du monastère, pour trouver un village en Tilisie. Et en cas d'échec, je pourrais repartir rapidement après avoir fait le plein de nourriture.

Ce monastère sera un parfait poste avancé pour mon exploration de la Tilisie...


La route continue !



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Publié à 10:24, le 23/06/2008,
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Le gardien des oiseaux

Aujourd'hui, je suis allé voir une sorte de monastère, dont Tash m'avait parlé voilà quelques jours, pas loin de la place du 12 avril, en plein centre de Kapok.

En fait, l'endroit est comme un gigantesque centre logistique pour les moines du lac de Nahl (le lac du jour).
Rappelez-vous, selon la légende des oulpachs, c'est sur les bords de ce lac que la chienne du bien a sauvé le premier jour, symbolisé par un oiseau bleu, au moment de la création du monde !

En fait, ma visite dans ce monastère de Kapok n'était pas innocente. Je voulais savoir comment faire pour rejoindre le lac de Nahl, que je compte bien admirer avant d'entrer en Tilisie, quitte à faire un crochet s'il le faut.



Ce moine m'a fait un plan détaillé du massif montagneux entre Kapok et le lac de Nahl. Je sais donc désormais comment y aller.

J'ai bien fait de venir visiter ce monastère ! D'autant que mon nouvel ami m'a promis hébergement et ravitaillement une fois là-haut. Il faut dire que je tombe bien : chaque 21 juin, c'est la fête du jour au lac de Nahl !

Je suis content de constater que je récupère vite. Après une semaine de marche à travers la plaine, et sans doute un peu plus de 250 kilomètres, je me sens en pleine forme, prêt à défier les montagnes ! Mais je dois rester un peu calme jusqu'au départ, dans 10 jours maintenant. Franchir le Krâl va demander une grande fraîcheur physique.


La route continue !


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Publié à 10:24, le 23/06/2008,
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Inspiré par la plaine

Retour à Kapok.

C'est marrant, je m'y sens tellement bien ce soir, que j'ai l'impression que je suis chez moi ! Il faut dire que ça fait plaisir de revoir un peu les humains, après ces quelques jours de solitude...

Et puis me revoilà chez Monsieur Jiakh... Je l'ai surpris tout à l'heure, en lui offrant dés mon retour le poème que j'ai composé pour lui en marchant, ce matin.


Ca donne ça :

Rien de beau, rien de neuf
D'éclatant, grandissant
Qui n'est vivant, puis déclinant
... Qui n'est mortel

Sans doute ai-je été inspiré par le vent qui s'est levé sur la grande plaine ce matin ? Ou peut-être par la première cultivatrice de yagh croisée à l'entrée de la ville ?



J'attends vos commentaires avec un peu d'angoisse, je dois bien l'avouer ! (si, si, dites moi sincèrement ce que vous en pensez)...

Quoi qu'il arrive, je sais qu'à mon logeur, au moins, ça a plu !



Désormais, une seule chose au programme : me poser...

Je sais que j'aurai pas mal de choses à régler dans les jours qui viennent, pour régler les derniers détails du voyage. Mais d'ici là, je m'accorde deux jours de pause...

Je vous souhaite un bon week-end !

Benoît




 


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Publié à 09:15, le 6/06/2008,
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Etrange endroit

J'entame le retour vers Kapok. Je n'aurais donc pas réussi à aller jusqu'aux grands lacs.
Dommage, mais j'ai encore quelques détails à régler à Kapok avant de partir, le 19 ! Et puis il faut que je me repose quelques jours.

De toute façon, je préfere les lacs de montagne !

Je vais tenter de retrouver la Lâv, pour la longer vers le nord est. J'espère rejoindre Kapok demain soir. Pour ça, je dois m'activer sérieusement. Pas loin de 60 km au programme aujourd'hui !

Au coeur de cette plaine, j'ai des sensations bizarres. L'endroit semble désert, mais pas abandonné. Comme si les habitants se cachaient. A part le vieux Krek hier, je n'ai croisé absolument personne depuis que j'ai quitté les faubourgs de Kapok.

Il n'y a pas ici le moindre village. Pourtant, les champs sont entretenus, les chemins sont manifestement régulièrement utilisés. Et la présence d'innombrables pilônes électriques indique même une certaine activité non loin d'ici. Ne serait-ce pour la production d'électricité. Peut-être y-a-t-il des barrages sur la Lâv ?

J'aurai encore bien des questions à poser à Tash et à Gopràl...

Demain, je change de chaussures ! Je vais prendre celles qui me serviront à découvrir la Tilisie. Je les ai déjà usées un peu avant de partir, mais elles sont encore un peu trop neuves.



Il faut aussi que je fasse attention à mon sac. Sur le plat, ça va. Mais il est beaucoup trop lourd pour franchir les cols qui m'attendent dans le massif du Krâl... J'espère ne pas avoir à me séparer de trop de livres !

Merci de vos commentaires, de vos messages, de votre soutien !!

Et à demain !


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Publié à 12:31, le 5/06/2008,
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Les chants du vieil homme

J'ai passé la nuit chez Krek, ou Kreg. Je n'ai pas bien compris son nom.


Je l'ai croisé sur une piste, il ramassait du bois pour faire cuire son uliak, une sorte de pain. La communication a été difficile au début, en raison de son accent très prononcé. Mais ça s'est arrangé très vite. Il était très intrigué par mon projet, et par mon équipement. Je crois qu'il n'avait jamais vu d'étranger, et qu'il n'a pas compris d'où je venais. Sait-il seulement que l'Europe existe ?

Il m'a surtout parlé de lui. En fait, il ne vit pas seul toute l'année, il a une famille. Mais il passe tous ses printemps (et il doit en avoir un paquet) à méditer, dans ce coin isolé de la plaine. Je crois qu'il est un peu animiste, comme les ouses en général. Il faudra que j'éclaircice ce point avec Tash à mon retour à Kapok...

En attendant, je vais continuer un peu vers le sud ouest, en direction de la région des grands lacs. Et à partir de demain, j'entame le retour vers Kapok. D'après mes calculs, je suis à un peu moins de 150 kilomètres. Je vais essayer de les faire en deux jours, pour voir si je tiens. J'aurai besoin d'endurance en Tilisie... 

A demain ! 
 





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Publié à 12:19, le 4/06/2008,
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Les exploits du sur-colonel

Longtemps, l'Ousie a été colonisée par l'Ilinie, le grand voisin du nord. Les deux pays font partie (tout comme les deux Krines et la Tilisie) de l'ancienne province impériale du Tîl oriental.

C'est au milieu du XIXème siècle que les ilènes ont envahi l'Ousie. Ce qu'ils voulaient, évidemment, c'est un accès à la mer d'Aràsh. Leur domination a duré plus d'un siècle, jusqu'en 1962. C'est à cette date que le sur-colonel Klôgh a commencé à faire parler de lui...


La carte !

A la tête d'une armée rebelle, mal équipée mais bien organisée, il a viré les ilènes. Du coup, tout le monde l'admire ici, sauf ceux qui pensent que c'est surtout grâce à la victoire de la Krine orientale que l'Ousie a été libérée. Comme les ilènes n'avaient plus d'accès maritime, ils n'avaient plus de raison de se maintenir ici, mais chut !

La libération, ce n'était pas la fin des ennuis pour les ouses. Dans la foulée, ils ont vécu la "décade rouge" : dix années d'une guerre civile impitoyable. Elle opposait la frange de la population restée fidèle à l'Ilinie (en fait, des pauvres diables armés par ceux qui avaient fait fortune pendant la colonisation), et les légitimistes du sur-colonel, qui entre-temps avait pris le pouvoir bien entendu.

Peu à peu, les deux clans ont perdu de vue les raisons pour lesquelles ils se battaient, et les combats ont changé de nature. En 1970, la reprise par les ouses, par la voie diplomatique, de la riche région frontalière d'Ihr (au nord) a pas mal changé les choses.

Ceux qui tiraient les ficèles du F.U.T.O (front d'union du Tîl oriental, les pros-tilènes armés) ont remis leurs billes dans les immenses exploitations céréalières. Et leurs troupes, désoeuvrées mais pas désarmées, ont créé un mouvement terroriste, aux visées floues.

Leur dernière tentative d'attentat (déjouée) a été commise le 12 avril 1972. Depuis, le pays semble stable, et chaque année, le 12 avril est célébrée la fête nationale ouse...

Aujourd'hui, je continue mon chemin dans la grande plaine. Mais j'ai décidé de prendre un itinéraire plus au sud, vers la région des grands lacs.

Aucun problème à signaler : j'ai la forme, le moral, et de quoi tenir encore quatre jours avant de retourner à Kapok.

A+,

Benoît






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Publié à 10:42, le 3/06/2008,
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Le yagh, boisson nationale

Les ouses sont avant tout des travailleurs de la terre et des paysans...


Toute une partie de la grande plaine (soit 80% de la surface du pays) est consacrée aux différentes cultures qui assurent les besoins alimentaires du pays (environ 12 millions d'habitants, d'après Tash)...
Au sud, le long de la frontière avec la Krine Orientale : d'immenses rizières. A l'ouest et au nord : des céréales. Dans les régions montagneuses : de l'élevage.

Parmi les cultures qui ont une importance toute particulière : celle du yagh.
C'est ce que cultivent les femmes que je vois travailler au bord de la route depuis mon départ de Kapok. Le yagh est une herbe, qui ressemble à s'y méprendre au thé. Elle est cultivée à peu près de la même manière, et consommée en infusion, mais elle est transformée tout à fait différemment. Les longues feuilles, récoltées au printemps, sont séchées au soleil, puis fumées artisanalement dans les fermes des cultivateurs. On ne triture pas la feuille de yagh, comme celle du thé. L'arome vient de l'étape du fumage.



C'est un peu la boisson nationale ici. C'est super fort, et très amer.

D'après ce que j'ai compris de ce que me disais une des cultivatrices, ces cultures sont relativement récentes. Elles ont été importées des montagnes d'Ilinie par celui qui est considéré comme le père de la nation ouse, juste avant la guerre civile de 1972... Mais ça c'est une autre histoire, que je me propose de vous conter demain !


La route continue !



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Publié à 10:41, le 3/06/2008,
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Vers la grande plaine ouse

Cap à l'ouest !

Une fois traversés les quartiers ouest de Kapok, on comprend très vite qu'on change de monde. La grande plaine ouse qui s'étale déjà à vos pieds semble interminable, et la chaleur qui règne actuellement sur la région assome un peu le (nouveau et encore novice) montagnard que je suis.




J'ai le sentiment que pendant mon escapade en centre-Ousie, je vais regretter la fraîcheur des alpages. Mais bon, je dois aussi me faire à ces conditions là. La majeure partie de la Tilisie, mon objectif, c'est quand même de la plaine. Du moins je crois...

A peine ai-je marché une heure, le long de la Lâv, que je me rends compte que je n'ai pas eu la curiosité de demander aux nombreuses femmes installées en bordure de route à la sortie de Kapok ce qu'elles faisaient sécher ! Quelle buse...

Ca doit être une sorte de thé. Je demanderai à la première occasion. 

A ma décharge, j'avais l'esprit ailleurs. Je repensais à ma dernière visite à Gopràl, au poème que je dois lui écrire... et au goût que peut bien avoir l'eau dans la vieille gourde en peau dont il m'a fait cadeau.


On verra. Je vous tiendrai au courant.

De votre côté, si vous avez des idées de petits poèmes de 4 vers, je suis preneur...


La route continue !



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Publié à 10:41, le 3/06/2008,
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Balade à Kapok

Ca y est !

J'ai choisi le moment exact de mon départ pour la Tilisie... Mon aventure va débuter le jeudi 19 juin, dans exactement trois semaines ! Evidemment, je n'ai pas choisi cette date au hasard, le chiffre est un porte bonheur ici. Personellement, je n'y crois pas trop, mais c'est pour faire plaisir à Tash et à Gopràl...

En attendant, je prépare une excursion dans la grande plaine ouse, à l'ouest. Deux ou trois jours pour découvrir un aspect de l'Ousie que je ne connais pas encore.

Ca, c'est un peu la mairie de Kapok.

Les ouses apellent cette institution "l'ilyh", ça veut dire "organisation". Dans le pays, les collectivités locales sont très développées, et leurs compétences très étendues, d'où ce nom. L'ilyh organise et gère pratiquement tout, des questions sociales ou de santé (il existe un embryon de sécu locale), jusqu'aux programmes d'éducation, en passant par les routes, et les questions économiques.

Apparemment, ça ne pose pas de problème d'organisation ou de cohésion au niveau de l'état. De toute façon, il n'y a pas de provinces ou de régions en Ousie. C'est apparement un héritage de la grande guerre civile de 1972, dont je vous parlerai dans un prochain article.


Quelques vues des faubourgs de Kapok, les quartiers à l'ouest de la ville.

Merci de votre fidélité, vous êtes de plus en plus nombreux à suivre mes aventures. Merci beaucoup en particulier à Julien, Myriam et Blandine, qui ont choisi de soutenir financièrement le voyage en Tilisie.

Vous aussi, vous pouvez
faire un don pour aider au développement de ce site. Mais pas un don dans le vide : si vous vous engagez, vous recevrez un dessin original ! Le petit camion rouge et orange, que vous voyez chaque jour en haut de ces pages, est déjà parti chez Blandine par exemple...

A très vite...


La route continue !


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Publié à 10:40, le 3/06/2008,
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Monsieur Jiakh


Je ne vous avais pas encore présenté le propriétaire de ma pension.

C'est lui...

Il s'apelle monsieur Jiakh, et semble enfin vouloir se dérider. On se connaît depuis un mois maintenant, et c'est tout juste si j'ai l'impression qu'il commence à avoir envie de me parler. Mais je ne me fais pas d'illusion : ce sera bien sûr à moi de faire le premier pas.

Je pense que je vais lui offrir un poème...

Avec ceux que je dois écrire à Tash et à Gopràl, ça fait trois. Il faut vraiment que je m'y mette !

A très vite...


La route continue !






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Publié à 10:40, le 3/06/2008,
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Les plochs frits... enfin !

Hier -enfin !- Tash m'a emmené dans LE quartier des plochs frits, à Kapok !

Non loin du centre ville, sur la rive gauche de la Lâv, des dizaines de cuisiniers se sont installés pour servir aux passants ces petits poissons qu'ils font frire sur de grandes plaques chauffées au feu de bois.

C'est à consommer sur place ou à emporter, mais on ne peut pas acheter de plochs crus. C'est comme ça : la tradition veut qu'on cuise les plochs dès leur sortie de l'eau. En fait, les pêcheurs attendent avant de pêcher, que les cuiseurs en bord de rivière aient un peu de place.

On ne cuisine ces petites fritures que d'une façon : avec beaucoup de graisse animale (une sorte de beurre très dur, très jaune)... Ensuite, les cuisiniers, assaisonnent le plat avec ce que je crois être du vinaigre épicé, de l'ail, et quelques zestes d'un fruit que je ne connais pas (le kalhj). Et ils servent très chaud.

La chair du ploch est très douce, étonnament parfumée pour un poisson de cette taille (une dizaine de centimètres avec la queue).

Important : les plochs se mangent par 19... S'arrêter à 18 ou en attaquer un vingtième serait très mal vu de vos voisins de tablée. Ne me demandez pas pourquoi c'est comme ça, mais c'est comme ça. En fait, je n'ai pas très bien compris l'explication de Tash. Ce que je sais en revanche, c'est que lorsque le 19 du mois tombe un dimanche (unique jour de la pêche des plochs), c'est le prétexte a une immense fête en ville. Il faudra que je regarde mon calendrier, pour essayer de revenir un dimanche 19 !!


La route continue !






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Publié à 10:39, le 3/06/2008,
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